En 1922, Steiner faillit être assassiné à Munich par un
groupe de nationalistes qui fit irruption en pleine conférence. Steiner fut
sauvé par sa présence d’esprit et celle de ses jeunes partisans qui, plus
nombreux que les assaillants, formèrent un cercle autour de lui et
l’escortèrent jusqu’à une porte de sortie. Steiner était accusé par les
non-Allemands d’être trop nationaliste, et par les Allemands de ne l’être pas
assez. Certains insinuèrent même qu’il était juif et jouait un rôle central
dans un complot international fomenté par les sociétés secrètes françaises, les
communistes, les républicains irlandais et les fabiens. Les nazis, comme il
était prévisible, fermèrent les écoles Steiner allemandes sous le prétexte que
leur fondateur n’était pas suffisamment nationaliste et pour la raison plus
effrayante qu’elle cherchait à former des individus libres, ce dont Hitler et
ses sbires n’avaient nul besoin.
Gary Lachman : Rudolf Steiner, une biographie

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