« Qu'il vienne mais que je ne le voie pas... »

 

Si j’interprète les paraboles kafkaïennes de la Loi, du silence des Sirènes, du Message impérial, tant soit peu correctement (sur ce point, la prudence est de rigueur), elles nous expliquent que le passage inévitable du langage au travers de notre conscience et de nos actes, et la « diffraction de la lumière » qui en résulte à la suite des mensonges, des hypocrisies des cruautés, de l’inanité bureaucratique, qui infectent leur usage par l’homme déchu, rendent inconcevable ou imperceptible (contingence pire) la venue du messianique. Le silence est plus authentique, encore qu’ici aussi, on soit sans espoir.

George Steiner : Présences réelles

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