En nous refaisant pour nous-mêmes des images de la
cellule du philosophe méditant, nous voyons sur la même table la chandelle et
le sablier, deux êtres qui disent le temps humain, mais dans des êtres combien
différents. La flamme est un sablier qui coule vers le haut. Plus légère qu’un
sable qui s’écroule, la flamme construit sa forme comme si le temps lui-même
avait toujours quelque chose à faire. Flamme et sablier, dans la médiation
paisible, expriment la communion du temps léger et du temps lourd. Dans ma
rêverie, ils disent la communion du temps d’anima et du temps d’animus.
J’aimerais rêver au temps, à la durée qui s’écoule et à la durée qui s’envole,
si je pouvais réunir en ma cellule imaginaire la chandelle et le sablier.
Zbignew Herbert : De lourdes mains pulvériseront le sablier
Gaston Bachelard : La Flamme d’une chandelle

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