Car elles existent, elles sont lourdes, ces idoles, et
la transformation que nous cherchons devra les briser ; d’abord, les
briser, et notre apparence humaine montre pour cela le visage de la révolte.
René Guénon, je ne sais rien de votre vie proprement humaine ; je sais
seulement que vous espérez peu convaincre des multitudes. Mais je crains que le
bonheur de penser ne vous détourne de cette loi, historique, au sens le plus
large, qui pousse nécessairement ce qu’il y a d’homme en nous vers la révolte ;
révolte que nous considérons non comme une tâche que nous sommes chargés
d’exécuter, mais comme une œuvre que nous laissons s’accomplir par le moyen des
enveloppes humaines qu’abusivement nous nommons « nôtres. » Nous
pouvons dire avec vous que « ces manifestations se rattachent directement
aux conditions particulières du Kali Yuga. Mais en tant qu’homme, n’êtes-vous
pas aussi soumis à ces conditions ? Il faut que le scandale arrive, mais
nous refusions d’ajouter la parole du Christ : malheur à celui par qui
le scandale arrive. Bien plutôt, en le laissant s’accomplir, nous nous
délivrons.
René Daumal, cité par Paul Sérant, in. René Guénon

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