Ça n’a pas aucun sens, écrivait Rimbaud à son
professeur et il lui demandait de ne pas trop souligner du crayon ni de la
pensée. Les provocations de Stéphane n’avaient pas aucun sens. Et ces
hommes qu’il mettait en scène dans un érotisme rudimentaire n’étaient pas
qu’une provocation. Je ne crois pas non plus qu’il s’agissait d’une confession
sur d’éventuels désirs refoulés ou cachés, cela aurait absurde de le prétendre,
tant les dessins sur-jouaient tout cela. S’il avait été homosexuel, il ne
serait sans doute pas gêné pour l’affirmer et pour montrer le poing à quiconque
aurait eu quelque chose à y redire. Non, Stéphane dans ses dessins avait joué à
être homosexuel, comme il avait joué à être Bacon en le dessinant, et Pasolini
et Goebbels, et finalement, au bout du compte, à être lui-même.
Gilles Sebhan : Mandelbaum ou le rêve d’Auschwitz

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