Ce lieu commun est habité d’une énormité énigmatique.
Seul le langage ne connaît pas de fin ; nous sommes libres de dire ce que
nous voulons de tout et de rien et ce dernier cas témoigne d’une possibilité
particulièrement frappante et qui mérite réflexion d’un point de vue
métaphysique. Lorsque le Tractatus de Wittgenstein affirme que
« les limites du langage signifient les limites de notre propre
monde », il emploie le terme « limite » de manière tautologique.
Le langage ne doit s’arrêter devant aucune frontière, pas même, du point de vue
des constructions conceptuelles et narratives, devant la mort.
George Steiner : Présences réelles

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