Progressivement, celui qui s’engage dans cette voie
sait toujours mieux se guider lui-même et il dépend de moins en moins des
contingences et des circonstances extérieures. Il remarque bientôt quelle
source de forces lui procurent ces moments d’isolement. Ce qui auparavant
le mettait en colère ne l’irrite bientôt plus ; d’innombrables détails qui
le terrifiaient ne lui causent plus de crainte. Il conçoit la vie sous un angle
tout nouveau. Auparavant, il n’abordait pas certaines tâches sans une secrète
appréhension. Il se disait : jamais je n’arriverai à faire cette chose
comme je le voudrais. Maintenant, cette pensée ne lui vient pas et il se dit
en revanche : je veux rassembler toutes mes forces pour accomplir ma tâche
aussi bien que possible et il repousse les pensées qui le rendent peureux. Ne
sait-il pas maintenant en effet que la seule crainte de ne pas être à la
hauteur de sa tâche le paralysait et n’exerçait en tout cas aucune bonne
influence sur son activité ? Ainsi, l’une après l’autre, des pensées
fécondes, stimulantes, pénètrent dans sa vie qu’elles enrichissent. Il commence
à savoir d’une main sûre diriger sa barque au lieu de la laisser ballotter sur
les flots.
Rudolf Steiner : L’initiation ou comment acquérir des connaissances des mondes supérieurs

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