Ill. : Edmund Dulac. Texte : La Mort et au-delà par Rudolf Steiner, éditions Triades poche, relecture Janvier 2018-Septembre 2026
L’homme introduit dans le monde spirituel ce qu’il a
vécu ici sur la Terre pendant qu’il était éveillé et pendant qu’il dormait.
Cela est la nourriture du Cosmos, c’est ce dont le Cosmos a besoin sans cesse
pour continuer à subsister. Les épreuves, légères, ou graves, que nous avons
traversées sur terre, nous les apportons, quelque temps après la mort, dans le
Cosmos, et nous sentons ainsi que c’est notre être humain qui nourrit le
Cosmos. Les expériences que l’homme vit ainsi entre le mort et une nouvelle
naissance sont d’une grandeur puissante, d’une immense élévation…
Alors vient le moment où il semble à l’homme qu’il
n’est plus une unité, mais en quelque sorte une pluralité, où il lui semble
qu’une de ses vertus ou de ses qualités se dirige vers une étoile, une autre
vers une autre étoile, où il perçoit son être réparti dans l’univers entier, et
où, en même temps, il perçoit les diverses parties de son être qui luttent les
unes contre les autres, qui produisent des harmonies, ou des disharmonies. Il
sent ce qu’il a vécu sur terre, soit le jour, soit la nuit, se répandre dans
tout le Cosmos.
Pendant les trois jours qui suivent la mort, les
pensées qui constituaient notre vie conscience de jour se sont envolées ;
nous nous sommes ensuite concentrés sur ce qui a été vécu la nuit, nous avons
revécu notre vie, mais à rebours jusqu’à notre naissance ; nous prenons
alors appui sur ces expériences nocturnes, et, à leur tour, elles se dispersent
dans le Cosmos. À présent nous nous attachons à ce que nous sommes vraiment en
tant qu’êtres humains insérés dans un ordre universel suprasensible.
Tout ce qu’on a vécu ici sur terre se trouve dispersé dans le Cosmos et lui sert de nourriture qui lui permet de subsister, de recevoir des impulsions nouvelles qui animeront le mouvement des astres et leur existence. Durant notre vie, nous devons donner à notre corps une nourriture terrestre pour vivre en êtres physiques entre la naissance et la mort. De même, le Cosmos a besoin, pour vivre, des expériences des hommes. Il doit les prendre en lui. Et par là, nous nous sentons de plus en plus être un homme cosmique, nous trouvons pour ainsi dire notre nature humaine tout entière éparse dans le Cosmos mais dans le Cosmos spirituel. Le moment est alors venu de chercher comment passer de la période où l’homme devient Cosmos, à celle où le Cosmos devient homme. Nous sommes montés vers les hauteurs en nous sentant devenir toujours plus cosmiques. Un moment arrive, que j’ai appelé dans mes Drames-Mystères, le Grand Minuit de l’Existence, où nous sentons que nous devons redevenir un homme. Ce que nous avons apporté au Cosmos, le Cosmos doit nous le rendre sous une autre forme, afin que nous puissions revenir sur terre.

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