Paradoxalement, tous ceux qui ont voulu « chercher
lumière » en eux-mêmes ont commencé par sombrer dans les ténèbres d’une
« nuit psychique, c’est-à-dire absolue » (L’Infini turbulent)
Il s’agit là d’une première étape sur le ténébreux sentier intérieur.
Cependant, pour qui y parvient, cette étape est une terrible épreuve et la
plongée dans l’obscurité semble ne jamais devoir aboutir, elle est une
« nuit qui coule sans montrer de fin » Une fois engagé, vouloir
échapper devient impossible. Vouloir la fuir ne ferait que rendre cette
obscurité plus noire encore. Cette « nuit aveugle et longue comme un
siècle », cette « nuit qui gît, nuit implacable », n’est en
réalité qu’une traversée, elle n’est qu’un long tunnel. Elle est, selon
l’expression de Lilian Silburn, « la nuit de l’amère destruction. »
François Trotet : Henri Michaux ou la sagesse du vide

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