Henri Michaux était l’homme de la retraite, il était
celui qui se retirait, qui s’isolait, qui revenait à soi, incessamment. Et
pourtant, il était aussi un homme d’action. « Il faut que j’agisse moi. Après,
je peux méditer pleinement. » Longtemps, la méditation a pris place, chez
Michaux, après que ce dernier s’est dépensé dans et par l’action (la création
picturale en particulier) après qu’il a extériorisé les tensions anarchiques.
Alors, seulement, il pouvait se retourner vers lui-même, prêt à la
contemplation intérieure. Dans Ecuador, on trouve ces mots qui peuvent
apparaître comme une boutade « J’allais donc me coucher. Moi, j’ai surtout
besoin de méditation. » Mais au-delà de l’humour, ne peut-on déceler là un
besoin de s’isoler pour être entièrement à soi.
François Trotet : Henri Michaux ou la sagesse du vide

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