« Voilà ce que c’est de lire toute cette saloperie de science-fiction »

 

Damon Knight, de son propre aveu, a failli écrire une étude historique de la science-fiction. Il nous le raconte dans un article intitulé « Adieu Henry J. Kostkos, Adieu », paru dans l’anthologie Clairon II, publié en juin 1972 : Je vais vous faire une confession : lorsque j’avais la trentaine. J’étais persuadé que j’écrirai un jour une histoire critique de la science-fiction…. Lorsque je voulus m’y mettre, je m’aperçus que mon investissement dans les histoires de Henry J. Kostkos ou K Harvey Haggar avait fondu comme l’or des contes de fées. Plus personne aujourd’hui ne lit les histoires des années 20 ou des années 30 parce que, à quelques exceptions près, elles ne figurent dans aucune anthologie. Je mis quelque temps à comprendre pourquoi : les merveilleux vieux récits dont je me souvenais avec tant d’émotion ne valaient rien. Certes, je connais des critiques, P. Schuyler Miller, entre autres, qui croient encore que ces vieux textes sont chassés des rééditions par une sorte de conspiration, mais la réalité est tout autre. Les premiers auteurs des magazines de science-fiction étaient lamentables, nuls, sans aucune valeur. Nous ne nous en apercevions pas lorsque nous les lisions, tout gamins, parce que nous étions fascinés par les choses extraordinaires dont ils parlaient

Jacques Sadoul : Histoire de la science-fiction moderne 1911-1984

Commentaires