Source : Histoire de la Science-Fiction moderne 1911-1984, édition révisée et complétée par Jacques Sadoul, éditions Robert Laffont, collection Ailleurs et demain, essais
Edgar Rice
Burroughs : je ne dis pas ce que cet employé d’une fabrique de
taille-crayons n’ait subi aucune influence littéraire, loin de là, mais il n’a
visiblement pas été à l’école de Verne ou de Wells. Il ouvre une troisième voie
à la science-fiction, ce qui se révélera d’une importance considérable.
Burroughs, après divers métiers tous plus misérables les uns que les autres,
avait trouvé un emploi auprès de marchands d’un médicament antialcoolique.
Cet emploi était fort mal
payé et, à la naissance de son second enfant, Burroughs du mettre en gage les
bijoux de sa femme et sa propre montre. Son travail consistait à examiner la
presse en général et les pulps plus particulièrement, pour y relever des
annonces. Cet emploi n’étant pas particulièrement absorbant, Burroughs passait
le plus clair de son temps à lire le contenu des magazines qu’il dépouillait
ainsi, ce qui lui donna l’idée d’écrire à son tour. Les auteurs populaires du
temps ont donc marqué Burroughs, cela ne fait aucun doute ; mais une autre
influence est sensible chez lui, celle de Walter Scott, et plus
particulièrement Ivanhoe.
Afin d’avoir le temps
nécessaire à la réalisation de son projet, il quitte alors son emploi à la
ligue Antialcoolique pour travailler dans une fabrique de taille-crayons. C’est
dans cet environnement médiocre qu’Edgar R. Burroughs va rêver et écrire la
plus délirante aventure interplanétaire de cape et d’épée, Sous les lunes de
Mars, qui paraît entre février et juillet 1912, dans All-Story Magazine. Ce
long récit, complété, constituera le premier roman de la série martienne :
Une princesse de Mars.

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