Source : Une histoire naturelle des sons, notes sur l’audible par Caspar Henderson, éditions Les Belles lettres
Le son peut se propager partout où la matière est
suffisamment concentrée, si bien qu’il est présent dans et sur les étoiles, les
planètes et d’autres concentrations d’atomes dans l’espace, de même qu’il l’est
sur cette île propice à tous les bruits qu’est la Terre.
À la surface du Soleil, des courants de convections
créent des ondes sonores qui seraient aussi bruyantes qu’un marteau piqueur sur
la Terre si un air épais comme notre basse atmosphère s’étendait jusqu’à lui.
On entendrait alors un grondement sourd comme à proximité des chutes du
Niagara, mais environ deux fois plus fort. Des ondes sonores rebondissent
également de place en place à l’intérieur du Soleil ; des astro-sismologues
les étudient pour « observer » d’immenses fleuves de matériaux
s’écouler autour du cœur même de l’étoile.
À une échelle beaucoup plus grande, des ondes sonores
se répercutent à l’intérieur d’énormes bulles, à travers lesquelles des cavités
sont formées à des centaines d’années-lumière par les vents stellaires et par
des supernovas liées à l’explosion d’étoiles dont la masse est quatre-vingts à
cent fois supérieure à celle du Soleil. Ces sons sont très graves, mais tout de
même moins que ceux qu’émettent les trous noirs, comme celui situé au centre de
l’amas de Persée, qui oscille tous les millions d’années environ.
Dans un remix diffusé en 2022, les ondes de l’amas de Persée s’étendent sur 57 à 58 bandes d’octave. Le résultat évoque les gémissements d’un spectre dans un puits sans fond.

Commentaires
Enregistrer un commentaire