« Quand meurt un
artiste, l’œuvre de sa vie est achevée ; les hommes à la vue courte n’ont
pas remarqué qu’il était arrivé au bout du chemin, espérant et attendant ceci
ou cela de lui, exigeant le déroulement d’une évolution imaginaire là où le
destin d’un homme suivait sa voie fatidique. » C’est par ces mots que Hans
Tietze rend hommage à Schiele moins d’un an après sa mort. L’historien de l’art
estime que, si l’artiste a produit avec une telle frénésie, c’est qu’il
pressentait sa mort prématurée. Se sachant destiné à mourir jeune, il aurait en
l’espace de dix ans achevé son œuvre. Il aurait vécu en artiste, et, n’ayant
plus rien à ajouter, il se serait retiré. Voilà une présomption qui tendrait à
faire de Schiele le Rimbaud de l’expressionnisme viennois.
Christopher Danvers : Egon Schiele

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