Le besoin pathétique
d’appartenir à un groupe à tout prix relève de ce que les sociologues appellent
le conformisme de clan. C’est le comportement typique de l’adolescence, période
où l’individu, n’ayant pas encore construit sa propre identité, se réfugie dans
le mimétisme et cherche la validation d’une meute pour exister. Quand les
adultes transfèrent cette névrose dans le milieu littéraire, cela donne des
coteries « d’autoproclamés » qui se congratulent en circuit
fermé. Au contraire, ne pas rechercher
d’admirateurs est le stade ultime de l’émancipation. La liberté de créer pour
le seul plaisir de l’artisanat, en se foutant des modes et des structures, est
à l’exact opposé de l’immaturité. C’est un luxe de vieux loup de mer qui a vu
les modes passer, les institutions s’effondrer et qui sait que la seule chose
qui reste quand le cirque est fini, c’est la vérité de la page blanche.
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