Mysterium

 

Source : De Jésus au Christ par Rudolf Steiner, éditions Triades

L’Évangile de Jean décrit la résurrection avec un tel luxe de détails que nous avons pratiquement tout ce qu’il nous faut pour nous en faire une image mentale, par exemple quand il est dit que l’un des disciples court plus vite que Pierre, que le suaire qui recouvrait la tête du Christ a changé de place, et ainsi de suite. Chaque détail nous montre quelque chose qui n’aurait pas de sens si cela ne renvoyait pas à des faits réels. Un de ces faits a déjà retenu notre attention : on nous raconte que Marie n’a pas reconnu le Christ Jésus. Comment, avons-nous dit, serait-il seulement possible qu’au bout de trois jours on ne reconnaisse plus quelqu’un qui aurait gardé l’aspect qu’on lui connaissait ?

Il faut par conséquent prendre en compte le fait que le Christ est apparu à Marie sous une forme différente ; autrement, ces paroles n’auraient en effet aucun sens. Il ne fait aucun doute que la résurrection doit être comprise comme l’émergence historique du réveil tel qu’il avait toujours eu lieu dans les Mystères sacrés de tous les temps, à ceci près que, dans les Mystères, c’est le hiérophante qui réveillait chaque disciple particulier ; dans les Évangiles, par contre, il est indiqué que celui qui a réveillé le Christ, c’est l’entité que nous nommons le Père, que c’est le Père lui-même qui a réveillé le Christ.

Ce qui implique aussi que ce qui se passait d’ordinaire à petite échelle dans le secret des Mystères a été placé par les esprits divins là, sur la scène du Golgotha, une seule et unique fois pour toute l’humanité, et que c’est l’entité désignée par le nom du Père qui elle-même assuré la fonction de hiérophante pour réveiller le Christ. Nous avons donc là, agrandi au maximum, ce qui se passait dans les Mystères.

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