Mal d'aurore

 

Cette plainte initiale serait-elle donc en même temps une prophétie, c’est-à-dire la trace, l’empreinte d’une terre perdue ? Ou d’un mode de vie qui ne parvient pas à naître et dont les éléments, les quatre véritables éléments, obéissaient à d’autres lois ; éléments d’un être ou plutôt d’un mode d’être perdu, irrécupérable, qui gémit, qui pleure et se tord, surtout dans le feu que les humains apprirent à utiliser dès qu’ils trouvèrent la parole : la parole de feu, celle qui brûle et embrase bien qu’elle ne laisse que cendre.

Maria Zambrano : L’Aurore

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