La ressemblance des rites frankistes avec ceux des
Khlystis et leurs Christs vivants (chaque village avait le sien), d’une part,
et avec ceux des Barbelo-Gnostiques, Carpocratiens, et autres sectes des débuts
du christianisme, de l’autre est frappante. Elazar Flekeles, un rabbin de
Prague, accusa le frankisme, en 1799, de « toutes sortes d’actions
mauvaises », athées et infâmes, inouïes même parmi les barbares les plus
sauvages. Ces gens sont pires que tous les scélérats et les criminels qui aient
jamais vécu depuis le commencement du monde… Ils ont un secret selon lequel il
est bon de se masturber et de souiller le corps avec la semence… Ils tiennent
pour pieux et hautement recommandable de dormir avec la femme de leur voisin en
présence de dix hommes de la nation (probablement un acte religieux car dix est
le nombre minimum d’hommes adultes requis pour les prières de la communauté
juive, les minyan), et recommandent en outre d’autres abominations et horreurs
telles que la fornication avec des personnes du sexe masculin et même avec des
animaux. Ils adorent des idoles, pratiquent la sorcellerie, vivent dans la
débauche et la fornication… » Ces propos pourraient être tirés
littéralement du Panarion de St Epiphane ou d’autres écrits anti-gnostiques des
Pères de l’Église.
Arthur Mandel : Le Messie militant

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