Emmanuel Frey déclarait qu’il était venu en France pour
« jouir de la liberté promise par les Français. » Pour son frère
Junius, il était hors de question de reculer. » Avec tout son enthousiasme
pour la Révolution, et nous n’avons nulle raison d’en douter, il ne pouvait pas
égaler Robespierre, l’Incorruptible, et il dut se contenter d’un rôle de second
plan. Enchaîné au boulet de plomb de son passé, il fut incapable de se
débarrasser de sa seconde nature. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était jouer
encore un autre rôle, et impressionner les gens avec le prestige et l’argent,
pour seulement périr enfin comme spéculateur et charlatan et c’est là que
repose sa tragédie… à leur époque, Frank et Frey devaient être ce qu’ils
furent. Aujourd’hui, ils n’auraient pas à le faire et cette pensée nous
réconcilie quelque peu avec eux et les rend plus proches d’être compris par les
juifs et par les non-juifs. Leur révolte contre leur destin et contre le monde
devait finalement échouer, quoi qu’ils fissent.
Arthur Mandel : Le Messie militant

Commentaires
Enregistrer un commentaire