En septembre 1954, Daniel
F. Galouye publie dans Galaxy une nouvelle intitulée Satan’s shrine,
qui s’inscrit dans la lignée des récits post-atomiques qui abondent depuis
1945. Le thème en est ingénieux : après la Troisième Guerre mondiale, un
dictateur d’origine française, Jornal Sakoran, a créé, au fond d’un cratère, un
antre absolument inviolable tant il est parfaitement protégé par des boucliers
énergétiques. De là, grâce à la menace de ses canons atomiques, il a exigé du
reste du monde un fabuleux tribut. Toutes les nations de la Terre se sont alors
unies pour lutter contre le dictateur, surnommé Satan. D’innombrables
expéditions ont tenté de pénétrer dans son antre pour l’assassiner, mais en
vain. Le récit est celui d’une nouvelle expédition dont le héros, Art Grant,
parviendra jusqu’à Satan lui-même : ce sera pour apprendre que Sarkoran
est mort depuis longtemps. Les membres survivants des expéditions lui ont
succédé afin d’assurer la permanence d’une sorte d’abcès de fixation,
astreignant les États de la Terre à s’unir pour lutter contre le dictateur,
union qui empêche le retour aux guerres locales et les risques d’holocaustes.
Satan XIX passe alors ses pouvoirs à Art Grant, alias Satan XV
Jacques Sadoul : Histoire de la science-fiction moderne 1911-1984

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