Source : Le Mystère chrétien et les mystères antiques par Rudolf Steiner, une lecture théosophique de l’initiation secrète dans les religions antiques en Égypte et en Grèce, introduction par Édouard Schuré, éditions Books on Demand
La vie de Bouddha s’achève d’une manière sublime. Dans
un voyage, il se sentit malade. Il vint au fleuve Hiranja, dans le voisinage e
Kouchinagara. Là, il se coucha sur un tapis que son disciple favori, Ananda
étendit devant lui. Son corps commença à luire du dedans. Il mourut
transfiguré, comme un météore, et expira avec ces mots : « Rien ne
dure. »
Cette mort de Bouddha répond à la transfiguration de
Jésus : « Six jours après, Jésus prit Pierre, Jacques et Jean, son
frère, et les mena sur une haute montagne, à part et il fut transfiguré en leur
présence : « Son visage resplendissait comme le soleil et ses habits
devinrent étincelants comme la lumière » (Matthieu, XVII, 1 et 2)
Exprimons ceci dans la langue des initiés :
Bouddha est arrivé jusqu’au point où la lumière divine commence à briller dans
l’homme. Il devient la lumière du monde. Jésus va plus loin. Il ne meurt pas
physiquement, au moment où la lumière du monde l’illumine en le traversant. À
ce moment, il devient un Bouddha, mais à ce moment aussi, il s’élève à un degré
supérieur de l’initiation. Il souffre et il meurt. Tout ce qu’il a de terrestre
disparaît, mais ce qu’il a de spirituel, la lumière du monde, ne disparaît pas.
Sa résurrection suit. Jésus apparaît en Christ à sa communauté de fidèles.
Bouddha s’évanouit au moment de sa transfiguration dans
la vie bienheureuse de l’Esprit universel. Jésus éveille encore une fois cet
esprit universel sous forme humaine dans la vie présente. De telles choses se
pratiquaient dans une certaine mesure, sur les initiés aux degrés supérieurs de
l’initiation. Les initiés dans le sens d’Osiris parvenaient à cette
résurrection. Cette « grande » initiation fut donc ajoutée à la vie
de Jésus à l’initiation de Bouddha.
Bouddha a prouvé par sa vie que l’homme vient du Logos et qu’il retourne au Logos, dans sa lumière, quand son corps terrestre meurt, alors que Jésus est devenu personnellement le Logos ; en lui, la Parole s’est fait chair.

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