Il entendait par « rupture » une manière
supérieure de se dérober aux rapports empiriques. Le monde était ainsi pour lui
comme une salle possédant beaucoup de portes que chacun utilise, mais en
possédant d’autres qui ne sont visibles qu’au petit nombre. De même que dans
les châteaux, à l’arrivée des princes, on ouvre certains portails d’ordinaire
jalousement fermés, devant les hommes au vaste génie les portes invisibles
s’ouvrent. Elles sont comme les joints du grossier édifice du monde, où ne peut
se glisser que la force la plus déliée, et tous ceux qui jamais la franchirent
se reconnaissent à des signes cachés. Qui sait utiliser de la rupture connaît,
au milieu des villes énormes, dans le mouvement tourbillonnaire, la rayonnante
accalmie de la solitude. Il pénètre dans des chambres revêtues de murs
protecteurs, où la pesanteur est moins puissante, où le temps cesse ses
attaques. La pensée ici est plus aisée ; l’esprit récolte en un instant
des fruits qu’en d’autres temps des années de labeur ne lui eussent point
donnés.

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