Le vent de l’Esprit ne souffle pas toujours où il veut,
même quand il s’agit de l’Esprit saint. Se mettre à l’abri de ses assauts quand
il se met à souffler en tempête, canaliser ses rafales, cela implique sans
doute d’apprendre à se regarder tel que l’on est, avec ses grandeurs et ses
misères. Passer de l’illusion à l’illumination, qu’un fin cheveu peut-être
sépare, c’est là le long et patient travail que seul l’ancrage dans une
tradition prophétique permet d’assurer dans une certaine mesure, parce qu’elle
procure les mots et les images, contraintes sémantiques et plastiques, qui
configurent un espace d’inspiration ordonné et libre.
Charles Mopsik : Chemins de la cabale

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