L’impression que nous donne l’Apocalypse est qu’il ne
s’agit pas d’un livre, mais de plusieurs livres et peut-être beaucoup. Ce n’est
pas un rafistolage, une couture de plusieurs pièces rapportées, comme Énoch,
mais un livre en plusieurs couches, comme des strates de civilisations qui
apparaissent à mesure qu’on creuse plus profondément. Tout au fond, se trouve
un substrat païen, un livre oublié, de la civilisation égéenne, un livre de
mystère repris par les Juifs, étendu, réécrit par Jean, l’apocalypticien
judéo-chrétien, et puis après lui, expurgé, révisé, découpé, augmenté par des
éditeurs chrétiens qui voulaient le tourner à leur façon.

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