« Manchmal ist der Schrecken gut »

Je suis plus loin d’eux que de la planète Mars et si, par aventure, ils me découvrent, ils ne me verront jamais à leur table, je suis très résolu de refuser les invitations les plus flatteuses, car, sous aucun prétexte, je ne songe à parvenir. La solitude et le néant suffisent à mon être. Il se pourrait que le décès de Monsieur Père entraînât aussitôt le mien, car l’idée de me trouver face à face un matin avec l’administration d’un pays où je me sens plus étranger qu’en 1930, m’ôterait l’envie de survivre. Et qu’est-ce qui m’attache à l’existence ? Les éditeurs que je n’ai toujours point ? Ou les critiques dont le silence unanime m’aura fait cortège ? Ou les lecteurs, à jamais introuvables ? À cinquante ans, c’est la faillite.

Laibach : See That My Grave Is Kept Clean
Albert Caraco : Ma confession

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