Nul n’échappe au Jugement final, pas même le Trône de
Dieu, pas même ses anges, pas même Dieu lui-même. Comme si tout ce qui
précédait ce moment final de la grande explication, où tout ce qui rend des
comptes, était marqué du sceau du soupçon ; impossible, avant ce Jugement
eschatologique, de croire en un ordre parfait et juste, en une bonté absolue
inhérente à la Création et à l’Histoire, fût-elle sainte. Lors du Jugement
final, Dieu n’est pas le seul juge, puisque lui aussi demande à être jugé.
Toutes les créatures sont à la fois jugées et juges, dans le souci unique
qu’éclatent pour tous, la vérité et la justice. Alors, seulement toutes les
questions auront un sens, pour la seule raison que le questionneur sera le
questionné. Cette réciprocité de jugement est la seule promesse garantissant
contre l’absurde.
Charles Mopsik : Chemins de la kabbale, 25 études sur la mystique juive

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