En tout homme, caché et sommeillant au plus profond de
son for intérieur, vit, à l’insu de la conscience ordinaire, un homme
supérieur. Et de même que l’homme ordinaire voit le monde grâce à ses yeux,
qu’il est capable, grâce à sa pensée, de réfléchir à ce qu’il a vécu, ainsi cet
homme supérieur ignoré tout d’abord de la connaissance extérieure, mais que
l’on peut tirer de son sommeil, extraie des profondeurs de la nature humaine,
peut-il acquérir la connaissance d’un autre monde, inaccessible au regard
extérieur, au penser extérieur. Jadis, cela s’appelait la naissance de l’homme
intérieur et c’est un terme encore en usage aujourd’hui… La question de
Kant : où sont les limites de la connaissance, n’aurait eu aucun sens dans
la perspective des Mystères antiques. Seule avait un sens la question :
comment faire pour franchir les limites de la connaissance qui sont celles de
la vie ordinaire ? Comment cherche-t-on à tirer de la nature humaine des
forces plus profondes et à les développer, de façon à percevoir ce qui reste
occulté aux forces ordinaires ?
Rudolf Steiner : De Jésus au Christ

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