Golgotha

 

Source : L’Apocalypse de Jean par Rudolf Steiner, éditions Triades, collection Science de l’Esprit, relecture février 2018-juin 2026

Nous nous souvenons d’avoir évoque en notre âme le grand moment du Mystère du Golgotha. Si à cette époque un clairvoyant avait pu observer la Terre de loin, il aurait perçu, au moment où le sang coulait des plaies du Rédempteur, que l’aura astrale tout entière de la Terre se transformait ; à ce moment, la Terre s’est imprégnée de la force du Christ. Et de ce fait, elle pourra un jour se réunir de nouveau au soleil.

Cette force grandira, la force qui préserve notre corps éthérique de la seconde mort. Le Christ deviendra de plus en plus l’Esprit de la Terre, et le véritable chrétien comprendra ces paroles : « Celui qui mange mon pain me foule aux pieds » et considère la Terre comme le corps du Christ. La Terre, globe planétaire, est le corps du Christ ; certes, elle commence seulement à l’être. Le Christ devient l’Esprit de la Terre, il s’unira totalement à elle. Et lorsque plus tard, elle s’unira au Soleil, le grand Esprit de la Terre, le Christ, deviendra l’Esprit solaire.

Le corps de la Terre sera le corps du Christ. Et il faut que les humains travaillent ce corps. Ils l’ont entrepris lorsqu’ils sont descendus sur la Terre ; ils l’ont travaillée avec leurs forces physiques. On peut trouver dans toutes les traditions quelque chose à quoi on prête peu attention parce qu’on le comprend mal. Ainsi, par exemple, la tradition perse rapporte qu’au sortir de l’état de conscience clairvoyante, les hommes sont devenus des êtres qui ont « transpercé la Terre. » Aussi longtemps qu’ils sont encore dans la phase où ils « transpercent la Terre », c’est-à-dire où ils travaillent le sol, où ils transpercent le corps du Christ, ils ne voient pas grâce à la conscience clairvoyante les forces qui guident l’évolution, et surtout ils ne voient pas le Christ face à face. Mais l’auteur de l’Apocalypse évoque le temps où ce ne seront pas seulement les clairvoyants de jadis qui contempleront le monde spirituel, mais où l’humanité tout entière aura de nouveau atteint le degré où il lui sera possible de voir l’être du Christ lui-même. Toutes les créatures le verront également.

Ceux qui ont dû passer une partie de leur développement à cultiver le sol, à le transpercer verront le Christ et les paroles que nous avons citées sont telles qu’elles conduisent celui qui apprend progressivement à les déchiffrer une compréhension très profonde du monde de représentations des Mystères, du langage apocalyptique.

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