Les IA et les algorithmes ne tombent pas du ciel. Qui les programme et à quelles fins ? Tout simplement : ceux qui ne veulent pas que vous lisiez ce blogue ou d’autres du même genre. Leur logiciel : racisme anti-français, racisme anti-wallon, réduction de tout au gloubiboulga. Pendant que les riches, eux, auront accès aux banques de données privées, les sans-dents auront droit à la sauce belge, aux « Books of Eden », le site numéro un des blogues « littéraires » en Wallonie. Voilà le programme de l’oligarchie bruxelloise et de ses réseaux…
Pousser des cris d’orfraie devant GoogleIA est une pure
hypocrisie. L’industrie du livre n’a pas attendu l’IA pour produire des Harry
Potter, des Mangas et des Écoles du loisir. Ceux qui fabriquent cette
sous-littérature, ceux qui en vivent sont souvent les premiers à s’indigner
aujourd’hui, parce qu’ils sentent leur remplacement arriver. Eh oui, il faut
bien ramollir le cerveau avant de l’asservir. Après tout, si la machine y
parvient plus vite que l’humain, pourquoi les oligarques de l’industrie
culturelle y trouveraient-ils à redire ? Une IA ne s’arrête jamais et ne vous
réclame pas des à-valoir. Il est plutôt drôle de voir les auteurs les plus
formatés (Bernard Werber) et les professionnels des conventions de l’imaginaire
(Olivier Girard) se mettre à bugger à l’idée de disparaître, supplantés par
l’IA. Eh bien, tant mieux si ce grand remplacement nous débarrasse de Mémère
Rowling et de son armée de geeks.
Si l’IA ne produit que des résultats dignes d’un
répondeur automatique et si ces résultats parviennent à séduire un lectorat,
c’est parce que les goûts de ce même lectorat ont été travaillés depuis longtemps
en amont. À terme, il se produira sans aucun doute une liquidation de toute la
tradition « humaniste » européenne (au sens véritable du terme) : une
liquidation totale de l’Histoire, de la littérature, de la philosophie. Les
générations d’après 2000 sont nées dans le monde du tout-numérique, ce qui
représente une rupture nette avec la Galaxie Gutenberg. Quoi qu’on en dise,
nous le sentons tous : la grande vague d’oubli qui monte n’a aucun
équivalent historique.
Toute innovation technique se paie d’un oubli,
« ceci tuera cela », disait Victor Hugo dans une page célèbre, mais
cette fois, le support a radicalement changé. Or, le médium définit le message :
Twitter, TikTok, Facebook et les plateformes numériques n’ont que faire de
l’Histoire, du temps long, de la méditation. Tout s’y passe en temps réel, par
coup de cœur, par coup de gueule, en un nombre limité de caractères, prédéfini
par des hurluberlus, sadiques, ignares et fiers de l’être. Voilà un bon sujet à
développer pour un marxiste : comment les réseaux sociaux sont le parfait
reflet de l’économie mondialisée : une sphère autonome et envahissante qui
repose sur des effets d’annonce et des grosses bulles spéculatives, pleines de
vide.
Et après, me direz-vous ? On peut parfaitement
vivre sans littérature, sans philosophie, sans Histoire, dans le perpétuel
présent des réseaux asociaux et de leurs punchlines simplistes. La littérature,
l’Histoire et la philosophie sont des genres historiquement datés, peut-être
plus récents que nous ne le croyons, des créations du dix-neuvième siècle, etc.
Sans doute… tout cela est vrai. Les zombies belges nous en administrent
quotidiennement la preuve. À ceci près que si vous ne vous intéressez pas à l’Histoire,
à la littérature, à la philosophie, d’autres l’écriront à votre place et contre
vous — lisez Doorbraak, vous comprendrez comment les psychopathes flamands
voient le monde : ils l’imaginent sans nous. Nietzsche avait
un aphorisme très dur, mais implacable : « L’avenir appartient aux
peuples qui ont la mémoire la plus longue », en l’occurrence, ceux qui
disposent des contrepoids pour résister au raz-de-marée numérique, pour
cultiver leur Histoire, leur littérature, leur philosophie.
Parions sur le pire… Tout ce qui penche, il faut le
pousser. Une fois qu’il n’y aura plus que de l’IA, une fois que toute la
littérature, toute l’histoire, toute la philosophie en langue française auront
été réduites à un gigantesque blob, eh bien, le public s’en détournera tôt ou
tard, de même qu’on recrache le chewing-gum une fois qu’il a été trop longtemps
mâchonné, une fois qu’il a perdu toute sa saveur.
L’image n’est certes pas très élégante… En voici une
autre : la table rase. C’est à partir de ce zéro qu’on pourra tout
reprendre, tout recommencer. L’IA, par sa prodigieuse mémoire, pourrait alors
nous permettre de distinguer ce qui relève de l’œuvre d’un humain et ce qui
relève de l’œuvre d’une machine ; nous sauverions ainsi ce qui peut
l’être du bourbier du Slop. Cette mémoire de Funès qu’est l’IA trouverait alors
son point d’Archimède : elle cesserait d’être un ressassement inepte, au
service de margoulins anglo-saxons, pour mener à un retour aux véritables
humanités.
Pour rompre l’hypnose, il suffirait de détourner le
regard et s’intéresser un peu moins aux nouveautés toujours plus neuves ou au
dernier roman qui pousse le précédent dans l’oubli. Si l’IA produit une
nouveauté incessante, donc nulle, en revanche, elle ne parviendra jamais à
égaler la profondeur du passé.
Un bon auteur est un auteur mort : d’abord, parce
que son œuvre est faite, délimitée, mais toujours actuelle. Relire un
classique, relire la Bible, relire Dostoïevski, relire Blanchot, c’est chercher
à nous rappeler une parole vive, pour la réactualiser ici et maintenant, sans la
copier servilement, ni simplement la décalquer ; l’IA ne pourra jamais produire
une telle « incarnation. » L’IA peut bien écrire tant qu’elle voudra,
elle n’a pas de mains, ni même de corps, donc, aucun génie, toujours
forcément incarné… elle n’est qu’une buée d’intelligence sur des produits de
synthèse.
Si ton IA te gêne, débranche-la !

Commentaires
Enregistrer un commentaire