La conscience suprasensible doit s’habituer à cette
faculté de se transformer qui est nécessaire dans le monde élémentaire ;
si elle n’en est pas capable, elle ne pourra faire aucune observation dans le
monde élémentaire. La conscience suprasensible s’approprie une faculté qu’elle
doit seulement appliquer tant qu’elle se sait dans le monde élémentaire ;
mais elle doit la réprimer dès qu’elle retourne dans le monde des sens. La
conscience suprasensible doit constamment tenir compte de la frontière entre
les deux mondes ; elle ne doit pas participer au monde des sens avec
les facultés appropriées à un monde suprasensible. Si, se sachant dans le monde
des sens, l’âme laissait la faculté de se transformer propre à son corps
éthérique continuer d’agir, la conscience ordinaire s’emplirait de
représentations qui, dans le monde des sens, ne correspondent à aucune entité.
Dans l’âme, la confusion s’emparerait de la vie des représentations. La prise
en compte de la frontière entre les mondes est une condition indispensable pour
que les effets de la conscience suprasensible soient justes.

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