Source : Chemins de la cabale, vingt-cinq études sur la mystique juive par Charles Mopsik, éditions de l’Éclat
« J’ai placé mon arc-en-ciel dans le nuage »
(Genèse 9 :13) Nous avons appris que cet arc-en-ciel a renvoyé ses
vêtements et les a donnés à Moïse et dans ce vêtement Moïse a gravi la montagne
et grâce à lui, il a vu ce qu’il a vu et il a joui de tout. » (Zohar)
Selon Moshé Idel, suivi par Elliot Wolfson, le nuage
est la Sephira Malkhout (la dimension féminine) et l’arc-en-ciel est la Sephira
Yesod, symbole du phallus et de la puissance masculine. Cette Sephira se serait
dépouillée de son enveloppe d’apparition, l’aurait transmise à Moïse, et grâce
à elle le prophète aurait gravi la montagne.
Moïse aurait ainsi revêtu l’habit de la Sphira Yesod
pour s’unir au « nuage » qui est la Shekhinah, et, ce faisant, il
l’aurait « imité » le processus théosophique de l’union hiérogamique
des pôles masculins et féminin. Cette lecture du texte du Zohar ne me paraît
pas pleinement convaincante car elle ne concorde pas avec d’autres passages de
ce livre où le nuage joue le rôle du vêtement enveloppant la Sephira Malkhout.
Une interprétation me semble plus pertinente : elle a été proposée par Isaiah
Tilby.
En bref : la Sephira Malkhout, la présence immanente divine, symbolisée par l’arc-en-ciel est descendue en ce monde enveloppée dans un nuage, parvenue auprès de Moïse elle lui a donné ce vêtement, qui est un moyen de transport du ciel vers la terre et de la terre au ciel. En ce nuage, Moïse est monté sur le Sinaï, escalade symbolisant l’ascension céleste et il contemplé le monde divin, se nourrissant de sa lumière.

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