Voyageur solitaire du néant

 

Nous avons commis une erreur. Nous sommes des voyageurs dans un train qui regardent passer le paysage. Nous tous qui regardons le soleil se coucher, disparaître, nous nous trompons. Ce n’est pas le paysage qui passe, ni le soleil qui disparaît. Ce n’est pas non plus la fleur qui se fane, ni la chanson qui s’éteint. C’est nous qui sommes emportés dans le grouillement de la vie. La fleur est en dehors du temps, et des contingences ; nous seuls en dépendons, et nous serons balayés tant que durera le temps. La mort fait partie de l’aventure, mais nous existons aussi en dehors du temps. Nous retournerons à l’absolu, de même que nous en venons, de même que nous y sommes.

D. H. Lawrence : Réflexions sur la mort d’un porc-épic

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