Ce n’est pas la vie qui craint la mort et qui se
préserve de la destruction qui est la vie de l’esprit ; la vie de l’esprit
est celle qui supporte la mort et se conserve en elle. Elle n’acquiert sa
vérité qu’en se trouvant elle-même dans son déchirement absolu. Elle n’est pas
cette puissance en tant que positivité qui détourne le regard du négatif comme
lorsque nous disons de quelque chose : ce n’est rien ou c’est faux et que
nous passons à autre chose ; mais elle est cette puissance seulement quand
elle regarde le négatif en face et séjourne auprès de lui. Ce séjour est une
force magique qui la renverse en être. C’est la puissance l’esprit que d’avoir
la mort en son pouvoir, car il y a à l’intérieur de l’esprit une telle
puissance de ce qui passe, « Macht des Vergehens », que le
passage lui-même passe, « das Verhegen vergeht. »
Jacob Taubes : Eschatologie occidentale

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