Quand le punk casse des trucs et braille sur tout et
n’importe quoi, le cyber nous livre en quelques clics des cartons floqués de
sourires. Là où l’un présente mal avec des épingles dans les oreilles et son
odeur de bière, l’autre défile en baskets décontractées avec des lunettes
virtuelles super cool. Et alors que nous hésiterions à présenter le premier à
nos proches, le second propose plein de gadgets qui ne manqueront pas d’épater
familles et amis. Il ne s’agit pas pour autant de pécher nous-mêmes par
nostalgie en cherchant à reproduire des contre-cultures, si transgressives
ont-elles pu être, car précisément « une société qui se noie dans la
nostalgie ne peut pas générer les contre-cultures de demain. » Il s’agit
de retrouver partout où elles s’expriment les conditions qui permettent le surgissement
de nouvelles, sous peine de faire du sur place. Sans cela, alors que le très
définitif « No future » a été réduit à l’état de simple slogan, que
nous reste-t-il à attendre de l’avenir, sinon la fin du monde elle-même.
Benjamin Patinaud : Gogippunk

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