Shéol

 

Le temps n’est pas le lieu de la vie, au contraire : il porte en lui le souffle pestiféré de la mort et pousse la vie dans le Shéol du passé ; à la fin des temps seulement, la caducité du temps deviendra elle-même caduque et l’éternité triomphera du principe mortifère du temps. Relier l’instant éternel au présent temporel, c’est l’œuvre de la magie dont le dernier rejeton est l’art. On évoque le paradis par la magie et on prête peu d’attention aux chérubins qui gardent la porte. Dans la vision, on ignore la réalité, mais aussi le poids de la réalité. Dans la vision, tout paraît s’accommoder intérieurement parce qu’aucun acte n’est exigé qui romprait le cercle magique de l’intériorité.

Nikolas Gué : La Sorcière d’Endor
Jacob Taubes : Eschatologie occidentale

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