Source : La Science de l’occulte par Rudolf Steiner, éditions Triades, collection Science de l’esprit, relecture après très longtemps
Il y avait donc, pendant l’évolution
lunaire, deux états de conscience très différents l’un de l’autre et qui
alternaient régulièrement chez l’homme lunaire. L’un plus obscur pendant la
période solaire, l’autre plus lucide pendant l’époque où la vie est plus
abandonnée à elle-même. Le premier de ces états est certes plus obscur, mais il
est plus désintéressé ; l’homme vit alors plus dans le dévouement au monde
extérieur, à l’univers qui est reflété dans le Soleil. Cette alternance des
états de conscience peut aussi se comparer à celle des états de veille et de
sommeil chez l’homme actuel ou encore à celle de la vie sur terre et de
l’existence qui sépare la mort d’une nouvelle naissance.
Il faudrait se représenter l’éveil sur
la Lune, lorsque cesse la saison solaire, comme un phénomène intermédiaire
entre le réveil matinal de l’homme actuel et sa naissance. De même,
l’obscurcissement graduel de la conscience à l’approche de la saison solaire
correspondrait à un état intermédiaire entre le moment où l’on s’endort et
celui où l’on meurt. Car la conscience que nous avons aujourd’hui de la
naissance et de la mort n’existait pas encore sur l’ancienne Lune. Dans une
sorte d’existence solaire, l’homme se laissait aller à jouir de la vie ;
il se désintéressait de son existence personnelle et vivait d’une façon plus
spirituelle.
Il sentait comme si les forces du cosmos s’infiltraient en lui, lui imprimant leurs pulsations. Il était comme grisé par les harmonies de l’univers auxquelles il participait. Son corps astral était alors pour ainsi dire libéré du corps physique dont se détachait aussi une partie de son corps de vie. Et cette formation faite d’astral et d’éthérique était comme un subtil et mystérieux instrument de musique dont les mystères cosmiques faisaient vibrer les cordes. Les constituants de la partie de l’être humain sur laquelle la conscience n’avait que peu d’influence se modelaient d’après les harmonies de l’univers à travers lesquelles agissaient les êtres solaires.
Ainsi, cette partie de la nature humaine devait sa forme aux autorités spirituelles du cosmos. Il n’y avait alors de différence aussi nette entre l’état de conscience plus lucide et celui plus vague de la saison solaire qu’il y en a chez l’homme actuel entre la veille et le sommeil sans rêves.

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