« Rien de psychanalytique »

 

Un homme très attaché à la vie, qui ne veut mourir à aucun prix et recherche la sensualité, est poursuivi par quatre serpents. L’homme s’enfuit par peur des serpents redoutables. Il entend de nouveau une voix. Celle-ci l’avertit qu’il est poursuivi par cinq assassins. Et l’homme s’échappe de nouveau. Une voix le rend attentif à un sixième assassin qui le menace d’une épée et veut lui couper la tête. Nouvelle fuite de l’homme. Il atteint un village abandonné sans un seul habitant. Une voix lui dit que bientôt tous les voleurs vont piller le village. L’homme, fuyant toujours, rencontre une grande inondation. Il ne se sent plus en sécurité sur la rive où il se trouve. Avec des brins de paille, du bois et des feuilles, il se construit une barque qui l’amène sur l’autre rive. Le voilà en sûreté...

Voici le sens de cette allégorie : l’homme doit traverser les états les plus divers avant d’atteindre le Divin. Les quatre serpents représentent les quatre éléments : l’eau, l’air, la terre, le feu. Les cinq assassins sont les cinq sens. Le village désert est l’âme qui s’est soustraite aux impressions du monde extérieur, mais n’est pas encore affermie quand elle est seule avec elle-même. Que sa nature inférieure la ressaisisse et elle est perdue. Il faut que l’homme se fabrique une barque qui le porte par-dessus le fleuve des choses périssables, de l’une des rives : le monde fuyant des sens, à l’autre bord, le monde éternel et divin.

Rudolf Steiner : Mystère chrétien et les mystères antiques

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