Néron est proche du christianisme par son dégoût du
monde et des hommes. Il exprime ce dégoût par des actes effrayants et
grotesques, mais son arrière-plan tragique ne doit pas passer inaperçu. Rien ne
plairait davantage à ce monarque que de voir de ses propres yeux l’incendie de
ce monde corrompu. Une telle vision n’est pas non plus étrangère à
l’imagination chrétienne. Le mépris que ressent l’empereur à l’égard des masses
et la haine des masses à l’égard du Dieu Empereur qui, en sa personne,
représente le peuple, l’État, la religion, et l’art, sont en relation, et, au
fond, ne sont rien d’autre que les traits du mépris et de la haine que cette
époque se porte à elle-même… Quand les masses attendent tout d’une unique personne
qui doit guérir le monde malade, la rêverie de l’être humain renonçant ainsi à
lui-même, erre sans repos, et, puisque ses imaginations orientées vers un
Sauveur « politique » restent inaccomplies, il aboutit finalement à
la croyance en un véritable Sauveur venant de l’au-delà.

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