Naturellement, il y a un voyage vers le bas : la
chute avant même l’intervention de toute métaphore morale est une réalité
psychique de toutes les heures. Et l’on peut étudier cette chute psychique
comme un chapitre de physique poétique et morale. Sans cesse la cote psychique
change. Le tonus général, cette donnée dynamique si immédiate pour toute
conscience, est immédiatement une cote. Si le tonus augmente, aussitôt, l’homme
se redresse. C’est dans le voyage en haut que l’élan vital est l’élan
hominisant ; autrement dit, c’est dans sa tâche de sublimation discursive
que se constituent en nous les chemins de la grandeur. Dans l’homme, tout est
chemin. Il faut ajouter : tout chemin conseille une ascension. Le dynamisme
positif de la verticalité est si net qu’on peut énoncer cet aphorisme :
qui ne monte pas tombe. L’homme en tant qu’homme ne peut vivre horizontalement.
Son repos, son sommeil est le plus souvent une chute.
Gaston Bachelard : L’Air et les songes

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