Pour les rayons de soleil

 

Il se félicitait de n’avoir aucun ouvrage en chantier, pas d’enfants à élever, ni de principe à défendre. « Le monde se passera à merveille de moi. » notait-il peu avant de mourir. Il était parfaitement conscient que les pages qu’il remplissait n’étaient, dans le fond, qu’une variété d’onanisme, et surtout, une ruse de l’égoïsme couard. Un écrivain qui ne s’aime pas et qui répugne à prendre ses lecteurs dans les filets de son œuvre, voilà qui nous donne une leçon de modestie et de délicatesse.

Roland Jaccard : Les Derniers jours d’Henri-Frédéric Amiel

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