Je me souviens encore de ces après-midi solitaires
passées à faire des bulles de savon et je me demande si ce n’est pas là ce que
j’ai fait toute ma vie. Et ma vie elle-même fût-elle autre chose qu’une bulle
colorée, flottante et vide, un rêve, une apparence, dont l’éclat éphémère et le
volume chimérique se résolvent en un souffle ? Sans mon journal, je voguerais
depuis longtemps déjà sur l’océan du néant.
Roland Jaccard : Les Derniers jours d’Henri-Frédéric Amiel

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