Il y a bien diminution de la vitalité, voire mort de
l’âme lorsque l’homme se détourne du suprasensible ou en nie la réalité. Dans
certaines conditions, il peut même en arriver au désespoir lorsqu’il perd tout
espoir de connaître l’invisible. Cette mort et ce désespoir, sous leurs
multiples formes, sont les ennemis intérieurs, psychiques, de tout effort vers
l’esprit. Ils se produisent lorsque diminue l’énergie intérieure de l’homme.
Alors, pour que celui-ci ait encore la force de vivre, il faut qu’elle lui soit
apportée du dehors. Il se tourne donc vers les objets, les êtres et les faits
qui sont offerts à ses sens ; il les analyse avec son entendement. Il en
tire de la joie ou de la souffrance qui le poussent à agir, ce qui lui suffit
pendant quelque temps. Mais il en arrive un jour au point où il meurt
intérieurement. Car ce qu’on peut ainsi tirer du monde extérieur s’épuise. Ce
n’est pas là une simple affirmation due à une expérience personnelle, mais un
fait qui se révèle à l’observation impartiale de toute vie humaine. Or, ce qui
protège contre cette perte de vitalité intérieure, c’est l’élément qui est
caché au plus profond des choses. Si l’homme n’a plus la capacité de descendre
dans ces profondeurs pour en tirer sans cesse de nouvelles forces, ce qui lui
vient de l’extérieur ne lui apporte finalement plus de vitalité.
Rudolf Steiner : La Science de l’occulte

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