« Il y a quelqu’un dans le vent »

 

Dans une cosmicité excessive parce que mal préparée, Saint-Paul de Roux fait naître le vent d’un songe de la Terre : « Lorsque les désirs d’avenir ou les regrets de souvenir s’éveillent dans une partie quelconque de ce crâne géant, le Globe, le vent se lève. » Puis, comme si le songe de la terre devait s’agiter en souffles contraires, le poète évoque toutes les désunions du vent : « L’espace est composé d’âmes éparses, en expectative, ou bien en irrémédiable exil de la matière, dont la motion diverse inspire branches, voiles et nuées. » Pour le poète, chaque souffle est animé, c’est un lambeau d’air qui a vécu jadis, un tissu aérien qui va vêtir une âme. Guillevic, dans Terraqué, un poème limité au noyau poétique des impressions, écrit : « Il y a quelqu’un dans le vent. »

Alfred von Keller : Esquisse pour le bûcher d’une sorcière
Gaston Bachelard : L’Air et les songes

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