Dans une cosmicité excessive parce que mal préparée,
Saint-Paul de Roux fait naître le vent d’un songe de la Terre :
« Lorsque les désirs d’avenir ou les regrets de souvenir s’éveillent dans
une partie quelconque de ce crâne géant, le Globe, le vent se lève. »
Puis, comme si le songe de la terre devait s’agiter en souffles contraires, le
poète évoque toutes les désunions du vent : « L’espace est composé
d’âmes éparses, en expectative, ou bien en irrémédiable exil de la matière,
dont la motion diverse inspire branches, voiles et nuées. » Pour le poète,
chaque souffle est animé, c’est un lambeau d’air qui a vécu jadis, un tissu
aérien qui va vêtir une âme. Guillevic, dans Terraqué, un poème limité
au noyau poétique des impressions, écrit : « Il y a quelqu’un dans le
vent. »

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