Source : La Science de l’occulte par Rudolf Steiner, éditions Triades, collection Science de l’esprit, relecture après très longtemps
Le Gardien du seuil se présente comme l’image de tous
les obstacles qui s’opposent au développement du Soi supérieur. On voit alors
quel fardeau le soi ordinaire traîne derrière lui. Et si, malgré sa
préparation, on n’est pas assez fort pour se dire : je ne m’arrêterai pas
là, mais je travaillerai sans relâche à m’élever jusqu’au « soi supérieur »
on sera paralysé et on reculera effrayé devant ce qui est en vue. On aura bien
pénétré dans le monde psycho spirituel, mais on aura renoncé à se développer
davantage. On devient alors prisonnier de la forme que le « Gardien du
seuil » dresse maintenant devant l’âme. Ce qui est grave, c’est qu’en
faisant cette expérience, on n’a nullement la sensation d’être un prisonnier.
On croira plutôt faire une expérience tout autre.
La forme que fait surgir le « Gardien du
seuil » peut donner à l’observateur dans son âme l’impression qu’il a
devant lui, dans les images qui lui apparaissent à ce stade de son
développement, toute l’étendue des modes possibles, l’impression qu’il est
parvenu au sommet de la connaissance et n’a plus besoin de faire d’effort. Au
lieu de se sentir prisonnier, il pourra se croire en possession de tous les
secrets de l’univers. On ne s’étonnera pas que l’on puisse avoir une impression
de ce genre, exactement opposée au véritable état de choses, si l’on songe que
lorsqu’on fait cette expérience, on se trouve déjà dans le monde de l’âme et de
l’esprit et qu’une des particularités de ce monde fait que les phénomènes
peuvent s’y présenter à rebours…
Celui qui s’est préparé à aborder cette expérience sait
lui donner sa véritable signification ; alors, peu après, surgira une
autre apparition que, par comparaison avec le « petit » Gardien du
Seuil dont il s’agissait jusqu’ici, on pourrait appeler le « grand »
Gardien du seuil. Celui-ci avertit l’étudiant de l’esprit qu’il ne doit pas
rester au stade où il est, mais qu’il doit travailler énergiquement. Il
suscitera alors dans l’observateur la conscience que le monde qu’il a découvert
ne devient réalité, ne se transforme en illusion que si son travail se poursuit
d’une manière cohérente.
Quant à celui qui, ayant suivi un entraînement
spirituel erroné, aborderait cette expérience sans y être préparé, quelque
chose coulerait dans son âme à la vue du « Grand Gardien du Seuil »,
un sentiment que l’on ne peut comparer qu’à un sentiment d’effroi insurmontable,
une frayeur sans borne…
Le grand Gardien du seuil se dresse comme une constante
exhortation à poursuivre le travail. Ce grand Gardien du seuil devient le
modèle et lorsque cette sensation surgit dans la conscience de l’étudiant de
l’esprit, celui-ci est devenu capable de savoir qui se présente ainsi à lui en
tant que grand Gardien du Seuil. Car, à présent ce gardien se transforme pour
la perception de l’étudiant de l’esprit et prend l’aspect du Christ… L’étudiant
de l’esprit est ainsi initié au mystère grandiose lié au nom du Christ. Le
Christ se montre à lui comme le « modèle idéal humain terrestre. »
Si, de cette façon, par l’intuition, on a reconnu le Christ dans le monde spirituel, aussi ce qui s’est passé historiquement sur la Terre à la quatrième époque de l’évolution post-atlantéenne, (la gréco-latine) devient compréhensible. Comment le grand être solaire, l’être du Christ, est alors intervenu dans l’évolution terrestre et comment il continue à intervenir, l’étudiant de la science de l’esprit en a maintenant une connaissance directe, vécue. L’étudiant de l’esprit est donc éclairé pour le sens et l’importance de toute l’évolution de la Terre par l’intuition.

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