Jack London accentue le drame de la chute onirique
jusqu’à en faire un « souvenir de la race. » Pour lui, ce rêve
remonte à nos ancêtres éloignés qui vivaient sur les arbres. « Comme ils
étaient arboricoles, le risque de tomber était pour eux une menace toujours
présente » (Jack London, Avant Adam) « On notera que dans ce
rêve de la chute qui nous est si familier à vous et à moi, à tous, jamais nous
ne nous abîmons sur le sol… Vous et moi, nous descendons de ceux qui n’ont pas
touché terre ; dans cette terrible chute, ils se sont raccrochés aux
branches ; c’est pour cela que ni vous ni moi nous ne touchons jamais le
sol dans nos rêves. » Jack London développe, à ce propos, une théorie de
la double personnalité humaine ; personnalité onirique et rationnelle, qui
distingue profondément la vie de nos jours et la vie de nos nuits. « Ce
doit être une autre personnalité distincte qui tombe quand nous dormons et qui
a déjà l’expérience de cette chute, qui a, en somme, un souvenir d’aventures
survenues à une race du passé, de même que notre personnalité de veille a le
souvenir des événements de notre vie éveillée. » « Le souvenir racial
le plus commun que nous ayons est le rêve de la chute dans l’espace. »
L’ampleur de ces hypothèses nous fait comprendre combien les métaphores de la
chute ont des raisons pour s’imposer aux psychismes les plus variés.

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