Source : Vierges noires, la réponse vient de la terre, par Jacques Bonvin, éditions Dervy, quatrième édition, merci à L’Herbier du mouton blanc.
On attribue à Étienne II d’avoir, avec sa Vierge dorée,
créé un prototype de Vierge reliquaire. Les textes nous apprennent que sa
statue gardait, dans la logette de son dos, des cheveux de la Vierge, une
parcelle de ses vêtements, ainsi que du pallium qu’elle aurait tissé de ses
mains. Mais le problème devient plus complexe quand on le compare aux autres
statues. Car si elles ont toutes été conçues avec un logement dans le dos,
elles n’ont jamais connu la moindre relique. Il n’en existe guère plus de deux
qui en possèdent aujourd’hui. À Mende, la Vierge veille, dans sa cache à
reliques, sur un nombre impressionnant de souvenirs, si l’on en croit
l’inventaire canonique de 1857 : « des cheveux de la Vierge, des
reliques de saint Pierre, de saint André, de saint Paul, de saint Martial, de
saint Denis, de saint Jacques. Des parcelles du tombeau de la Vierge, etc.
À Authezat, la présence des reliques est affirmée par
trois cachets de cire noire, frappés d’un ange et disposés un sur chaque épaule
et le dernier entre les pieds. La Vierge de Vauclair présente la particularité
de posséder un cabochon de cristal translucide serti dans la gorge, par lequel,
explique la légende, les fidèles pouvaient voir les reliques que contient la
statue. Or, on ne trouva à l’intérieur de la Vierge, qu’un petit morceau de
tissu rouge, portant la lettre grecque alpha. Mieux, la célèbre statue
d’Orcival, la dernière à avoir conservé son revêtement d’orfèvrerie en argent
et en vermeil, permet de constater que le recouvrement a été fait de telle
manière qu’il empêche tout accès à la relique.
Et cette particularité apparaît dès l’origine de la
construction de la statue, puisque l’âme de bois a été parée dès l’origine de
minces feuilles d’argent, sur toutes les parties vestimentaires de la statue. À
la suite d’un vœu de la ville de Clermont, le revêtement fut refait en 1631. On
retrouve l’influence du dix-septième siècle sur la décoration des colonnettes
du siège décorés de rinceaux repoussés dans le style d’alors. Le revêtement
d’origine se retrouve encore sur les tranches du siège où une série de
cabochons rappelle ceux des orfrois du buste reliquaire de saint Baudine à
saint Nectaire.
Lors de la dernière restauration effectuée par M. Enaud, celui-ci a pu constater qu’il n’y avait aucun accès possible à la logette aux reliques dans le revêtement de métal. Selon lui, la raison serait qu’il n’a jamais été dans l’intention de la personne, dès la conception de la statue, d’y mettre la moindre relique. Par ailleurs, la technique du marouflage interdit le plus souvent d’avoir accès au dos de la statue. Il a fallu que celle du Puy brûle, en 1793, pour qu’on sache vraiment ce qu’elle contenait. Et nous verrons que cela n’avait rien à voir avec des reliques, du moins dans le sens chrétien du terme.

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