Source : Le Mystère chrétien et les mystères antiques par Rudolf Steiner, une lecture théosophique de l’initiation secrète dans les religions antiques en Égypte et en Grèce, introduction par Édouard Schuré, éditions Books on Demand
Tous nous sommes témoins et nous avons
conscience du courant extérieur de l’évolution, qui entraîne tous les êtres du
ciel et de la terre, astres, plantes, animaux, humanité, et fait qu’ils se
meuvent en avant vers un avenir infini, sans que nous apercevions la force
initiale qui les pousse et les fait marcher sans cesse ni repos. Mais il y a
dans l’univers un courant inverse qui interfère et qui s’introduit
perpétuellement dans l’autre.
C’est celui de l’involution, par
lequel les principes, les forces, les entités et les âmes qui viennent du monde
invisible et du règne de l’Éternel s’infiltrent et s’ingèrent sans cesse dans
la réalité visible. Aucune évolution de la matière ne serait compréhensible
sans ce courant occulte et astral, qui est le grand propulseur de la vie avec
sa hiérarchie de puissances. Ainsi, la matière qui contient l’avenir en germe,
qui reçoit l’Esprit, évolue vers l’avenir. Donc, tandis que nous marchons
aveuglément vers l’avenir inconnu, cet avenir marche vers nous, consciemment,
en s’infusant au cœur du monde et de l’homme qui l’élaborent. Tel est le double
mouvement du temps, le respir et l’aspir de l’Âme du monde, qui vient de l’Éternel
et y retourne.
Dès l’âge de dix-huit ans, le jeune Steiner eut le sentiment spontané de ce double courant, sentiment qui est la condition de toute vision spirituelle. Cet axiome vital s’était imposé à lui par une vue directe et involontaire des choses. Il eut dès lors la sensation irréfragable de puissances occultes derrière lui et à travers lui pour le diriger ; il écoutait cette force et suivant ses avertissements car il se sentait en accord profond avec elle.

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