Carlos Rambaldi arrive à l’aéroport de Tegel avec cinq
valises, éveillant la suspicion des douaniers. Il doit créer le monstre dans
l’urgence, en une nuit, alors qu’il avait disposé de six semaines pour la scène
de sortie de l’extraterrestre dans le film de Spielberg, à l’aide de bouts de
pellicules, de bois et de fils noirs ; du bricolage, de l’artisanat qui
rappelle soudain au cinéaste polonais le tournage de Sur le globe d’argent
et au créateur d’effets spéciaux italiens, pour son plus grand plaisir les heures
glorieuses de Cinecitta, le phallus géant qu’il avait préparé à l’aide de latex
n’ayant absolument pas convaincu Zulawski qui voulait un symbole et non
« cet obscène objet du désir » de mauvais goût, ce monstre auquel il
impute l’échec du film, vendu sur un malentendu voire une arnaque. Une créature
qui naît dans les couloirs du métro, organique, air et plantes à la fois, puis
flaque de sang, de bile et de lait, avant de devenir une masse informe, tapie
dans l’ombre, un monstre pieuvre.
Jérôme d’Estals : Possession d’Andrzej Zulawski, tentatives d’exorcisme

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