Trois bougies vertes

 

Source : Jean-Pierre Bayard, préface aux Vierges noires, la réponse vient de la terre, par Jacques Bonvin, éditions Dervy, quatrième édition, merci à L’Herbier du mouton blanc.

Que veulent dire ces statuettes de petites dimensions ? Presque toujours en bois marouflé, on a songé que le matériau était d’une qualité fort rare, peut-être provenant du Proche-Orient, comme ces bois de cyprès ou de gopher qui ont été à la base de l’arche de Noé, ou le shittin de l’Arche d’Alliance ; ou encore l’acacia, cet arbre sacré, symbole d’immortalité et de renaissance, très souvent évoqué. Mais peut-être cette statuette dont les dimensions font songer aux représentations de la déesse mère a-t-elle été sculptée dans le bois qui servit à faire la croix et qui serait aussi le gopher.

On évoque leur origine comme orientale ; les femmes de Palestine ont le teint sombre ; les chevaliers revenant des croisades ont rapporté ces reliques, mais celles-ci ont dû se multiplier, principalement en France. Ces étranges statuettes auraient aussi marqué le chemin des grands pèlerinages, dont celui de Saint-Jacques de Compostelle ; cependant, l’Espagne n’a que peu de Vierges noires comparé à la France et celles-ci se situent au nord de ce pays occupé pendant des siècles par les Arabes, dont près de la France où l’art rupestre a été le plus florissant…

Installée dans des cryptes humides, entourées de bougies, parfois de cire verte, la flamme aurait déposé cette couche noirâtre, uniquement sur les visages et sur les mains, n’altérant que faiblement le corps même de la statue ; ce noircissement accidentel ne peut être retenu. Certaines de nos Vierges en majesté, noires depuis des siècles, redeviennent blanches après restauration, car on aurait retrouvé les couleurs primitives ; les fidèles ne reconnaissent plus leur sainte statue qui effectivement a été noircie à un moment déterminé pour des raisons qui nous échappent.

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