« Tels seront les jours du fils de l’Homme »

 

La tradition synoptique raconte, de manière cohérente, que Jean a prêché « dans le désert du pays des Juifs. » Loin des villes et des bourgades, son message (« faites pénitence, le Royaume des Cieux est proche ») ne pouvait être entendu que si « Jérusalem et tout le pays juif et tous les pays autour du Jourdain venaient à lui. » La prédication de pénitence de Jean se répandit comme une forte épidémie au loin, parmi les petits comme les grands. Tous ceux qui vinrent « se firent baptiser par lui, et reconnurent leurs péchés. » Albert Schweitzer déjà, a caractérisé le baptême de Jean comme un « sacrement eschatologique » qui doit sauver lors du Jugement. Le Jugement dernier est présenté dans l’Apocalypse d’Hénoch comme la répétition du déluge noachique. « Tels furent les jours de Noé, tels seront les jours du fils de l’Homme » Comme Jean baptise avec de l’eau, contre le jugement du déluge, celui qui vient baptisera avec du souffle, « pneuma », et avec du feu. Jean n’a pu prédire un baptême par le Saint-Esprit, « pneuma hagion », car les disciples n’ont jamais entendu dire qu’il y ait un Saint-Esprit. Comme le baptême par l’eau, le baptême de souffle, « pneumâ », et par le feu, doit, en tant que sacrement eschatologique, sauver lors du Jugement Dernier. De même que lors du Jugement se répète le déluge du temps de Noé, se répète aussi le déluge du feu de Sodome, et le souffle du vent qui fit s’écrouler la tour de Babel.

Jacob Taubes : Eschatologie occidentale

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